Développement

AFD et DEBACO au Tchad : enjeu d'un test de communication

L'Agence française de développement et le gouvernement tchadien lancent le projet DEBACO, un programme inédit de 19,35 millions d'euros pour relancer la filière cotonnière. Mais au-delà de la technique, c'est toute la question de la communication autour de ce projet qui se pose.

Publié le 17 juillet 2026 par Succès Ngarpolo
AFD et DEBACO au Tchad

L'Agence française de développement (AFD) et le gouvernement viennent de porter leur coopération à un autre pallier. Ils mettent en œuvre un projet inédit, à grand impact. Il s'agit du projet DEBACO (Développement Agricole et Territorial du Bassin Cotonnier du Tchad), destiné à booster la production agricole et surtout renforcer la filière cotonnière.

D'un coût global estimé à 19,35 millions d'euros (environ 12,7 milliards FCFA), sur une durée de cinq (5) ans et couvrant les zones du Moyen Chari et du Mayo Kebbi-Ouest, DEBACO permet de relancer durablement la filière coton tout en améliorant les conditions de vie des populations rurales des zones cotonnières. Il a été officiellement lancé le 13 mai 2026 à N'Djaména.

En général, les projets dans le domaine agricole au Tchad cible un ou deux axes stratégiques, compte tenu des ressources limitées et de la contrainte de temps. DEBACO fait la différence : il est transversal et intégré, c'est-à-dire qu'il prend en compte plusieurs aspects. Il cible principalement l'augmentation de la production cotonnière mais accessoirement, il consacre des ressources substantielles à l'amélioration de la sécurité alimentaire des cotonculteurs, la résolution des conflits éleveurs-agriculteurs et à la construction des infrastructures rurales.

Faire bien connaître DEBACO pour susciter l'adhésion

L'un des principaux défis consiste à rendre le DEBACO intelligible pour tous. Au Tchad, face au manque d'un plan national de communication pour le développement, les programmes publics souffrent souvent d'un déficit de vulgarisation. Or les citoyens connaissent peu leurs objectifs, leurs mécanismes de financement ou leurs résultats.

Dès lors, une communication adaptée doit permettre de répondre à des questions simples mais essentielles : qu'est-ce que le DEBACO ? quels sont ses objectifs ? qui en bénéficie ? quels changements apporte-t-il dans la vie des populations ? En donnant des réponses claires à ces interrogations, le gouvernement tchadien et AFD vont renforcer la confiance et l'adhésion massive des populations des zones du projet.

Renforcer la transparence et la redevabilité

Nous vivons un contexte sociopolitique où les populations à majorité jeune sont méfiantes de la coopération tchado-française, exigent davantage de transparence dans la gestion des affaires publiques. C'est pourquoi la communication sur DEBACO devient également un instrument de redevabilité et gage de confiance vis-à-vis de l'opinion publique.

Il s'agit de rendre compte de l'utilisation des ressources, des réalisations obtenues, des difficultés rencontrées et des perspectives envisagées. Cette transparence contribuera à prévenir les rumeurs, à limiter la désinformation et à renforcer la crédibilité de la présence française.

Adapter les messages à la diversité des publics

Le Tchad est un pays caractérisé par une grande diversité linguistique, culturelle et géographique. Les provinces du Moyen-Chari et du Mayo-Kebbi Ouest comptent une grande diversité de groupes ethniques et linguistiques. Dans la province du Moyen Chari, les principaux groupes de population sont les Sara, les Gor, les Kol, les Marba, les Arabes tchadiens, les Peuls (Mbororo) et les Kaba. La Province du Mayo Kebbi-Ouest est peuplée des Pevé, Moussey, les Marba, Toupouri, Moundang, Guidar, les Ngambaye, Peuls (Mbororo), Arabes tchadiens et Kotoko.

Une communication uniforme risque de ne toucher qu'une partie des populations. Les messages sur le DEBACO doivent être adaptés aux réalités locales et diffusés à travers des canaux variés dont la liste ne peut être arrêtée qu'après analyse stratégique par une agence ou cabinet de communication compétent.

Gérer les risques de communication

Tout programme d'envergure est exposé à des risques : retards dans la mise en œuvre, incompréhensions, critiques ou polémiques. Une communication proactive permet d'anticiper ces situations. Elle implique une veille permanente de l'opinion publique, une capacité de réaction rapide et la mise en place d'un dispositif de gestion de crise. Dans le cas du DEBACO, la maîtrise de la communication est donc indissociable de la maîtrise du projet en question.

Le rôle déterminant d'une agence de communication

Face à ces enjeux, le recours à une agence spécialisée comme RéVACom devient un investissement stratégique. RéVACom a les compétences d'apporter une expertise dans l'élaboration de stratégies de communication institutionnelle, la production de contenus adaptés aux différents publics cibles, la gestion des relations avec les médias, la communication digitale et les réseaux sociaux, la conduite des campagnes d'information et de sensibilisation, ainsi que le suivi et l'évaluation de l'impact des actions de communication.

« Informer, expliquer, écouter et dialoguer avec les citoyens sont aujourd'hui des impératifs aussi importants que la mise en œuvre technique de DEBACO. »

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